Pendant qu'un orage martèle mes velux, sans doute pour voir si c'est plus marrant à l'intérieur, j'ai très envie d'un Shake Ikura Don.
A mes souhaits, je sais. Pour ceux qui ne sont pas familiers de la becquetance nippone, il s'agit d'une portion de riz recouverte de tranches de saumon, cru le plus souvent, et légèrement mariné, accompagné de quelques œufs de saumon, d'un peu de gingembre et de citron. Et c'est une tuerie. Le genre de truc, je pourrai en manger tous les jours sans me lasser. Comme je n'ai pas trouvé d'images satisfaisantes, je vous laisse le plaisir de l'imagination, ou je vous conseille vivement d'aller tester vous même rue Ste Anne, chez Aki...

Par ces chaleurs estivales, c'est un peu dur d'imaginer apprécier quelque chose de brûlant. Mais pour les prochaines froideurs automnales (qu'elles arrivent dans fort fort longtemps) le Japon nous permet un délice absolu : les ramen.

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En gros, des pâtes fraîches dans un bouillon brûlant, avec à peu près n'importe quoi dessus : porc grillé, pané, légumes, algues, crevettes, poulet... Le genre de plat où le tissu situé entre le cou et les genoux n'en sort pas indemne. Il faut avoir une expérience assez complète du maniement des baguettes pour descendre une portion (un saladier de tailler moyenne compte pour une portion individuelle) les pâtes étant extrêment glissantes et le bouillon ayant une grande propension à l'expansion. Inutile d'essayer de manger proprement : aspirer bruyamment, voilà la clé ! Pour de bonnes ramen, toujours rue Ste Anne, c'est Sapporo LA référence.

Autre spécialité japonaise hautement gustative, la tempura. Le concept fait un peu peur pour les non initiés : des morceaux de légumes, de poissons, de crustacés (surtout des crevettes) enrobés d'une fine couche de pâte de riz, le tout est frit dans de l'huile de sésame. "Une des rares fritures à basse calories" dixit Wikipedia... Quoi que quand c'est délicieux à ce point, le nombre de calories on s'assoit un peu dessus, mais ça fait toujours psychologiquement plaisir de se régaler sans trop culpabiliser.

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Le goût est surprenant et extrêmement agréable : craquant à l'extérieur, les garnitures sont généralement très bien cuites (dans les bons restau), les légumes sont légèrement fermes, les poissons moelleux, les crevettes idem. Il se dégage de l'ensemble une impression de légèreté qu'on attend pas vraiment d'un plat frit. De plus, cette impression d'aliments couverts de givre est très esthétique, très japonaise...
Pour une tempura à s'évanouir de plaisir, qu'une seule adresse, toujours rue Ste Anne (on pourrait croire que j'y passe ma vie), c'est You.

Enfin, pour achever cet interminable article (tiens, le soleil est revenu !) je finis sur l'Ochazuke. Un des rares plats assez simple pour pouvoir en faire chez soi. Mais c'est meilleur avec un petit sachet d'une préparation spéciale ochazuke, qu'on trouve chez Kyoko (THE épicerie japonaise à Paris). C'est traditionnellement un plat pour lorsqu'on est malade, ou pour descendre les restes de riz du fond du frigo. Donc, sur un demi bol de riz, verser du thé vert brûlant. Ajouter le mélange spécial ochazuke (qui contient de l'algue, une poudre verte assez salée non identifiée et des petits trucs croquants). Par dessus, on peut rajouter à peu près n'importe quoi, mais j'ai une préférence pour le thon (en boîte, pas besoin d'aller chercher du cru à Rungis), un onsen tamago* et de la pâte d'umeboshi (de la prune très salée).

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*Le onsen tamago est un œuf ni vraiment coque ni vraiment dur. C'est même le contraire de l'œuf coque : le jaune est plus cuit que le blanc, qui reste assez liquide. On réussit cette cuisson en versant une eau bouillante sur un œuf, 15 minutes, dans un récipient couvert. 

Voilà un petit tour des spécialités japonaises qui remportent mon adhésion sans limite. J'ai volontairement évité de traité le cas du sushi, parce qu'il y a des paquets de gens qui s'y connaissent bien mieux que moi !

Itadakimasu