Il y a les Jours Avec et les Jours Sans. Nous allons aujourd'hui nous pencher sur le Jour Sans, car le jourd'hui en est un.
Les Jours Sans sont généralement une suite ininterrompue de cahots, d'accros, de déceptions et d'échecs. Le Jour Sans peut très bien commencer, et finir dans une déprime abyssale. Un peu comme aujourd'hui. Jour de vacance, lever à 11h30-midi, beau soleil dehors, douche en écoutant la BO des Blue Brothers.
Puis ça se gâte, vient la leçon de conduite, pour laquelle pourtant j'étais relativement confiante. Mais deux heures pleines de calages (au moins 15), de priorités à droite grillées, de freinages mal anticipés, de cligno mal géré, de sens interdits empruntés, en plus avec un nouveau moniteur sympathique mais très interventionniste, bref tout ça a de quoi ruiner un beau moral et des nerfs un peu tendus. Se sentir comme à ses premières heures cahotantes d'auto école, shootée aux anxyolitiques, ça aide pas. Et craquer lamentablement devant le-dit moniteur non plus.
Le Jour Sans fait resurgir tout ce qu'il y a de déprimé, de triste et de foiré. Une fois que les vannes sont ouvertes, impossible de les refermer. Donc se farcir les 20 minutes à pieds entre l'Auto école et la maison, en chialant bêtement pendant que le lecteur mp3 en mode aléatoire, histoire de rester dans l'ambiance, a décidé de passer successivement Yesterday, Between the Bars et Hope there's someone, en croisant fort les doigts pour ne pas croiser un voisin compatissant (mes doigts à moi, pas ceux du mp3). Se retrouver telle la larve devant l'ordi, du chocolat dans une main, un mouchoir dans l'autre, en matant des trucs qui font habituellement se muscler les zigomatiques mais qui là laissent de glace. Accueillir sa génitrice crevée par sa journée de boulot, qui n'est pas trop en phase pour en supporter davantage. Le Jour Sans est plein de conversations que vous n'avez pas envie de tenir, mais qu'il faut tenir quand même. Le Jour Sans suinte la mélancolie crasseuse et collante, le désespoir impossible à refouler, qui s'incruste dans chaque particule du corps, de l'esprit, dans chaque effort et dans chaque parole, et tout semble entouré par un grand néon clignotant qui dit "A quoi bon". Le Jour Sans se traîne et ne semble jamais finir.

 

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Gong Li dans 2046
, qui illustre bien de quoi qu'je cause

Ce Jour Sans s'achève devant cet ordinateur, en écoutant un magnifique trio palestinien de ouds (Trio Joubran) et en écrivant un post aussi dépressif et inutile que la journée. Sur ce, haut les coeurs, tomorrow is another day.